juin 25th, 2010
Le PS et les retraites. Michel Rocard l’avait reconnu lui-même au début de l’année : la décision de baisser l’âge légal de départ en retraite à 60 ans en 1981 était une folie au regard du contexte économique de l’époque. Rocard n’était pas le seul à jouer les Cassandre : Jacques Delors, le ministre de l’Economie, avait abondé dans le même sens. La gauche mitterrandienne triomphante méprisait alors ces oiseaux de mauvais augure qui tranchaient avec l’enthousiasme ambiant. Et la suite des évènements leur a donné raison. Près de 30 ans plus tard, le PS reste accroché à son symbole : pas question de toucher aux 60 ans, cet acquis social indéboulonnable. Un acquis social qui ne correspond aujourd’hui plus à la réalité : tout le monde sait bien que la question de l’âge légal du départ à la retraite n’est pas le vrai problème. Même les socialistes les plus libres par rapport à Martine Aubry (François Hollande, Manuel Valls…) se sont mis à réciter la parole officielle de la Rue de Solférino. Evident : la campagne pour les primaires a commencé et elle se gagne à gauche toute !
La vérité, c’est que le PS reste prisonnier de son éternelle contradiction : parler dans l’opposition comme Olivier Besancenot et agir au pouvoir comme Dominique Strauss-Kahn. C’est pourquoi d’ailleurs François Bayrou a échoué dans sa tentative de front commun avec le PS face à Nicolas Sarkozy. Les socialistes français lui ont claqué la porte au nez par peur de perdre définitivement les Verts les plus à gauche, les communistes et Jean-Luc Mélenchon. Tout un programme…
Les derniers feux du PCF. Passage de témoin le week-end dernier à la tête du Parti Communiste entre Marie-Georges Buffet et Pierre Laurent. Des défaites électorales successives, des élus de moins en moins nombreux, des rangs de militants de plus en plus clairsemés, des départs en cascade : rien n’y fait. Le spectacle continue. Le PCF aurait dû pourtant mourir à bien des occasions depuis 25 ans : la rupture avec les socialistes en 1984, la fin de l’ère Marchais, les contre-performances de Robert Hue et de Marie-George Buffet aux présidentielles de 2002 et de 2007. Sans parler de la chute du mur de Berlin et de la fin de l’URSS.
L’expérience de la gauche plurielle pendant 5 ans avec Lionel Jospin l’a sauvé une première fois de la descente aux enfers. Puis c’est Jean-Luc Mélenchon qui est venu à la rescousse d’un parti en déshérence politique et idéologique. Le Front de gauche a en quelque sorte absorbé le Parti Communiste dans un mouvement qui l’a dépassé. Le résultat est pour le moins mitigé : le PCF a quand même perdu la moitié de ses conseillers régionaux en mars dernier. Mélenchon est en train de finir le travail de Mitterrand, comme l’a écrit Eric Zemmour dans le Fig Mag de cette semaine : le Front de gauche tue à petit feu les communistes en l’étouffant. Le PC est sans doute le seul à ne pas s’en apercevoir. La preuve ? Il continue à s’ébrouer dans le paysage malgré toutes ces déconvenues. Pour encore longtemps ?
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juin 18th, 2010
Royal. La présidente de la Région Poitou-Charentes a été élevée à bonne école : comme Mitterrand, elle cultive une résistance à toute épreuve qui fait l’étonnement des commentateurs. Distancée dans les sondages, lâchée par son fan-club, ignorée par les éléphants, moquée par la droite : Ségolène Royal veut, malgré tout, rester dans le jeu présidentiel. Sa réélection triomphale aux régionales a certes conforté son assise politique locale mais la large victoire du PS au niveau national a éclipsé sa performance. Son aplomb naturel ne l’empêche pas aujourd’hui de clamer haut et fort qu’elle peut gagner une primaire alors que personne ne parie sur ses chances de se faire adouber une nouvelle fois par ses camarades. Il faut dire que la drôle de campagne menée en 2007 les a sans doute vacciné à vie : en reconnaissant publiquement qu’elle avait pris des engagements auxquels elle ne croyait guère, la candidate socialiste a achevé de déstabiliser son monde. Peu importe : elle continue à creuser son sillon dans l’indifférence générale.
Carolis. L’Elysée est placé ces temps-ci sous très haute surveillance : Nicolas Sarkozy doit en effet nommer le prochain président de France Télévisions. A l’heure où j’écris ces lignes, Patrick de Carolis est toujours à la tête de la télévision publique. Personne ne se risque cependant à parier un kopek sur sa reconduction: le tout-Paris politique et médiatique l’a déjà enterré en grande pompe. Contre vents et marées, l’ancien présentateur des Racines et des Ailes tente une ultime bravade en se portant candidat à sa propre succession. La rumeur publique l’inciterait pourtant à préparer ses cartons : le nom du jeune Président d’Europe 1, Alexandre Bompart, est claironné par tous les visiteurs du soir de Nicolas Sarkozy. Pour Carolis, il s’agit simplement de prendre date sans renoncer à défendre un bilan plus qu’honorable. Car le job est épuisant entre un pouvoir politique tapi dans l’ombre, des syndicats omniprésents et des finances en berne. Un sacerdoce.
Tapie. Cet homme est insubmersible. Ministre, homme d’affaires, président de club de foot, comédien : Bernard Tapie a eu plusieurs vies. Après avoir traîné une kyrielle d’affaires diverses et variées, le voilà qui revient du désert. Non content d’investir la vente en ligne sur le Net avec son fils, l’ancien ministre de la Ville a aussi redonné signe de vie aux Radicaux de gauche, en tant que « simple militant ». En effet, il vient de réadhérer à ce parti qui, sur commande de Mitterrand, lui a permis de dégommer Michel Rocard aux Européennes de 1994. Quelques gazettes agitent le spectre d’une candidature Tapie à la présidentielle de 2012. Objectif ? Disperser les voix de gauche afin de favoriser en sous-main la réélection de Nicolas Sarkozy. C’est oublier que Bernard Tapie incarne d’abord et avant tout les années Mitterrand qui, pour beaucoup de Français, ne sont plus qu’un très lointain souvenir.
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juin 12th, 2010
Où sont passés les gaullistes? Une rue porte désormais le nom de Philippe Séguin à Epinal. L’excellent discours de Fillon prononcé à cette occasion ne saurait faire oublier que la politique est cruelle. Séguin lui-même en avait fait l’amère expérience à la tête de la Cour des Comptes. Il était obligé de faire appliquer tout ce qu’il avait combattu. Lui, le héraut du combat contre le traité de Maastricht, s’était érigé en gardien du temple budgétaire pour veiller au respect des fameux critères du…Traité de Maastricht.
Certes, le séguinisme était tombé aux oubliettes avant même la mort de son inspirateur. Au fond, Séguin l’avait bien compris en renonçant à être, un jour, candidat à l’élection présidentielle. Or, nul autre que l’ancien Président de l’Assemblée nationale ne pouvait mieux défendre ce gaullisme social, à la fois indépendant et exigeant. L’analyse critique d’une mondialisation débridée, la défense d’un modèle français original, le volontarisme politique contre la dérive technocratique : Séguin a longtemps prêché dans le désert. Avant d’être pleuré à chaud de larmes par tous ceux, -et ils étaient nombreux- qui l’ont affronté.
Mais bien au-delà, ce sont les gaullistes qui ont disparu de la circulation. Ils ont pourtant beaucoup donné à l’UMP (les militants en nombre, le sens de l’organisation, la maîtrise de l’appareil) et au final peu reçu, même si trois anciens RPR occupent les trois premières fonctions de l’Etat (Sarkozy à l’Elysée, Fillon à Matignon, Larcher au Sénat). Cette illusion d’optique laisse libre cours à la nostalgie des années Chirac et au lyrisme de Villepin. D’où l’actuel retour en grâce de Michèle Alliot-Marie à l’Elysée…
Où est passé le centre ? Ainsi donc, François Bayrou reviendrait à ses premiers amours : sa récente rencontre avec Nicolas Sarkozy fait jaser le microcosme. Après son embardée à gauche, le Président du Modem serait décidé à « recentrer » son discours. La majorité frétille à l’idée que l’enfant capricieux puisse enfin rentrer à la maison. A voir…
Car, en effet, l’hypothétique retour de Bayrou dans le giron présidentiel ne signifie pas qu’il embarque ses électeurs avec lui. Le pactole ramassé par Bayrou en 2007 tenait de l’auberge espagnole : des chrétiens-démocrates issus du vieux CDS, des bobos écolos déçus par les Verts, des socialistes réfractaires à la candidature de Royal. Tout ce beau monde est rentré à la maison : les premiers sont retournés chez les alliés de l’UMP (Nouveau Centre…), les deuxièmes ont été rattrapés par Cohn-Bendit, et les troisièmes sont revenus au bercail socialiste. Bilan : en trois ans, les 18% de Bayrou ont fondu comme neige au soleil.
L’échec de Bayrou traduit aussi l’éclatement du courant politique qu’il est censé représenter. Le centre est en fait partout et nulle part. Partout parce que le créneau centriste a été préempté par l’ensemble de la classe politique, de Borloo à Strauss-Kahn, en passant par Cohn-Bendit et Royal. C’est donc l’embouteillage de ce côté-là. Mais il est aussi nulle part dans la mesure où les électeurs de ce qu’on appelait l’UDF se sont perdus en cours de route. Que reste-t-il des aventures électorales de Lecanuet, Giscard et Barre ? Retrouver ces électeurs égarés, c’est toute l’ambition de Jean-Louis Borloo, d’Hervé Morin et de Jean Arthuis. Pas si simple.
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juin 3rd, 2010
Rigueur. Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne ne parlent décidément pas la même langue que nous. Là où, en France, nous tournons en rond pour savoir si la réduction des dépenses publiques est une politique de rigueur, nos voisins, eux, ont déjà apporté leur réponse : on ne peut plus vivre au-dessus de nos moyens. Ce bon sens commence à faire école dans notre beau pays : l’Etat et les collectivités locales chassent les économies. Mais personne ne se risque à prononcer le mot même de « rigueur ». Pendant très longtemps, seul Raymond Barre se distinguait en insistant sur la maîtrise de nos dépenses : n’a-t-il d’ailleurs pas été le dernier Premier ministre à présenter, en 1980, un budget en équilibre ? Un autre centriste, François Bayrou, a brandi ce thème très impopulaire pendant la campagne présidentielle de 2007. Et François Fillon a été pris en flagrant délit de franchise lorsqu’il avait stigmatisé, il y a près de trois ans, un « Etat au bord de la faillite » pour souligner la dégradation de nos comptes. Depuis, il y a eu la crise, la Grèce et les turbulences de la zone euro…C’est un grand tort que d’avoir raison trop tôt, comme dit l’adage bien connu !
Cumul. Les Français sont schizophrènes : d’un côté, ils veulent des élus disponibles et proches ; d’un autre, ils élisent le plus souvent des hommes et des femmes susceptibles de peser…à l’Assemblée ou au Sénat. La persistance du cumul des mandats n’est pas seulement liée aux habitudes prises par les élus. Elle a aussi à avoir avec une décentralisation inachevée et, pour tout dire, restée au milieu du gué. Décrocher une subvention, obtenir une ligne de crédit, défendre un dossier : les décisions majeures se prennent encore à Paris. D’où la nécessité pour les maires ou les présidents de conseils généraux et régionaux de frapper à la porte des ministères. Mettre fin au cumul des mandats, comme le souhaite Martine Aubry au PS, n’a donc pas grand sens tant qu’une vraie décentralisation n’aura pas été instaurée. Et c’est de cette façon qu’on parviendra (peut-être ?) à convaincre les élus les plus récalcitrants…
Bouclier. Pour la gauche, c’est un chiffon rouge. Pour une partie de la droite, c’est une erreur de com’. Le bouclier fiscal est presque devenu un gros mot, symbole d’injustice en temps de crise. Le pouvoir a commencé à l’entailler, sous la pression. Mais le vrai scandale est ailleurs : pourquoi notre pays est-il incapable de remettre à plat l’ensemble de sa fiscalité ? Nous avons pris l’habitude de réformer, par petites touches, à la française. Je défie quiconque de s’y retrouver dans un système où s’empilent niches et exonérations de toutes sortes. A ce jeu-là, ce sont les classes moyennes qui sont les grandes perdantes parce que toujours entre deux seuils. Alors, les questions qui fâchent : pourquoi tous les Français ne paient-ils pas l’impôt sur le revenu ? Ne faut-il pas fusionner celui-ci avec la CSG ? Maintenir l’impôt sur la fortune a-t-il encore un sens ? Les Français auraient mieux compris le sens du bouclier fiscal si celui-ci avait concerné l’ensemble des contribuables et pas seulement les plus aisés d’entre eux.
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juin 1st, 2010
Je vous proposerai désormais chaque semaine le bloc-notes que je publie dans Le Petit Niçois. Bonne lecture et à très bientôt!
Faut-il tout savoir ? Christian Estrosi s’en est bien sorti : son habile opération de communication a réussi à tuer dans l’œuf la tentative de déstabilisation du Canard Enchaîné sur ses logements de fonction. La polémique s’est perdue dans les limbes tout simplement parce qu’il n’y a rien de scandaleux à ce qu’un membre du gouvernement bénéficie d’un appartement de fonction et y vive avec ses enfants, comme c’est le cas pour le ministre de l’Industrie.
Personne n’a d’ailleurs pensé à exploiter politiquement cette vraie-fausse affaire. On est bien loin du malheureux cas Gaymard qui, en 2005, conduit le gouvernement Raffarin à plus de rigueur dans l’usage des biens immobiliers de la République. Mais il ne s’est pas non plus trouvé grand monde pour défendre publiquement le Ministre-Maire de Nice.
Comme si le landerneau politique était condamné à respecter une loi médiatique selon laquelle tout devait être déballé sur la place publique, du patrimoine aux vacances en passant par la vie de famille.
Comme si le landerneau politique s’était résigné à capituler devant les exigences d’une opinion publique brinquebalée de toutes parts.
Les bisounours et la Realpolitik. Les bonnes âmes en sont toujours à s’interroger : la libération de Clotilde Reis n’a-t-elle pas été obtenue en échange de concessions faites au régime de Téhéran ? Il n’ y a que les gogos pour croire un instant que les tractations sur le sort d’un otage relèvent des albums de Tintin. On négocie rarement avec des amis dans les relations internationales. Ou alors on ne parlerait à presque personne dans ce bas monde. L’Iran, la Lybie, la Syrie, le Pakistan et j’en passe, ne sont pas précisément des modèles de démocratie. Soit.
Mais un gouvernement, de droite ou de gauche, n’a qu’une seule préoccupation : que nos compatriotes retenus en otages soient libérés. Alors, importe-t-il vraiment de connaître les tenants et les aboutissants des arrangements de circonstance? Il y a des moments où il ne faut pas tout dire. Certains appelleront cela du cynisme, d’autres de la Realpolitik. Choisissez. Mais reconnaissez que le monde des bisounours n’existe décidément que dans les dessins animés…
Une poubelle et un trésor. Dans la course à la transparence absolue, Internet arrive en effet largement en tête. Les réseaux sociaux, comme on dit, tournent à plein régime. Les internautes utilisent Facebook et Twitter comme un journal intime accessible à tous : heure par heure, minute par minute, le moindre fait et geste y est consigné.
La folie Twitter a également saisi les politiques qui trouvent là une nouvelle tribune. Qui pourrait leur en vouloir ? Une réaction, un rendez-vous, un communiqué, une prise de position : un lien direct, interactif, se crée avec le cyberélecteur.
Le vrai problème est ailleurs : voyez la rapidité avec laquelle l’info circule sur la toile. Est-elle seulement vérifiée, recoupée, nuancée ? Les indiscrétions, les rumeurs, les photos volées : on peut désormais tout lire et tout voir. Le pire et le meilleur. Parce qu’Internet est aussi une formidable fenêtre sur le monde, avec Google et le reste.
C’est pourquoi l’historien Pierre Nora, qui fête les 30 ans de sa très sérieuse revue Le Débat, a raison de dire, cette semaine dans L’Obs, qu’« Internet est à la fois une poubelle et un trésor ».
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mai 23rd, 2010
La fête au Fouquet’s, le yacht de Bolloré, les vacances aux Etats-Unis, le mariage avec Carla Bruni : on a beaucoup reproché à Nicolas Sarkozy un style décomplexé plus proche de la tradition américaine que de la monarchie française. Or, à lire les sondages, on constate avec amusement que les Français se jetteraient dans les bras d’un Dominique Strauss-Kahn qui pourrait affronter le même procès en « bling-bling » que le Président.
Et si DSK partageait avec Sarkozy cette idée que le pouvoir doit être désacralisé? Son exil doré outre-Atlantique, son train de vie, son rapport à l’argent, sa proximité avec nos grands capitaines d’industrie, ses réseaux médiatiques : tout va être passé au crible. C’est le but de l’avalanche de livres prévus sur Strauss-Kahn.
Cerise sur le gâteau : la gauche du PS vitupère sa gestion de la crise au FMI et son parler vrai sur les retraites. Être favori, c’est aussi devenir une cible…
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mai 15th, 2010
Une nouvelle aventure commence. Je prends ces jours-ci la direction d’un hebdomadaire diffusé dans les Alpes-Maritimes, Le Petit Niçois (www.lepetitnicois.fr). Ce journal a une longue histoire puisqu’il existe depuis plus d’un siècle : il a été fondé en 1879 par Alfred Borriglione, le Député-Maire de Nice de l’époque. Il a été repris en novembre dernier par Stéphane Cherki, élu atypique et chef d’entreprise éclectique.
Je vais donc quitter dans les prochaines semaines mes différentes fonctions et responsabilités. A commencer par celle de Conseiller municipal d’Angers.
Je continuerai d’alimenter ce blog aussi régulièrement que possible, même s’il prendra, vous vous en doutez, des couleurs plus méditerranéennes.
A très vite donc !
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mai 7th, 2010
Que fait l’opposition municipale ? Combien de fois ai-je entendu des Angevins perplexes me poser cette question depuis plus de deux ans ? Une interrogation relancée ces temps-ci par certains de mes fidèles lecteurs.
D’abord, l’opposition travaille. Souvent dans l’ombre, sans vrais moyens. Nous sommes 14 malheureux conseillers face à l’armada des 45 membres de la majorité. Un rapport de forces qui n’a rien à voir avec les 600 voix qui nous séparaient en mars 2008, mode de scrutin oblige…
Ensuite, l’opposition s’oppose. Notre ligne n’a pas bougé : rester fidèle au projet de notre liste et affirmer nos différences, voire nos divergences. Voies sur Berges, tramway, fiscalité, sécurité, démocratie participative : sur tous ces sujets, nous n’aurions évidemment pas fait la même chose et nous le disons!
Enfin, l’opposition prépare l’avenir. La présence accrue sur le terrain, à travers les journées de quartier, doit y aider. La reconquête d’une ville de plus en plus ancrée à gauche ne s’improvise pas : l’idée selon laquelle six mois de campagne suffisent à convaincre les Angevins est une illusion.
Tout cela n’est pas évident. Surtout si l’on pense que nous sommes la 5ème équipe d’opposition municipale depuis 1977…
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mai 4th, 2010
Deux ans avant chaque élection présidentielle, un favori fait toujours la course en tête. Petit retour en arrière. 1979 : Michel Rocard prend l’ascendant sur François Mitterrand pour détrôner Valéry Giscard d’Estaing. 1886 : Raymond Barre est mieux placé que Jacques Chirac pour battre Mitterrand. 1993 : Edouard Balladur s’impose comme le successeur naturel du président socialiste. 2000 : Lionel Jospin s’affirme face à un Jacques Chirac affaibli par la dissolution et les affaires.
Rocard, Barre, Balladur, Jospin : il ne vous a pas échappé qu’aucun d’entre eux n’avait franchi les portes de l’Elysée. En 2010, notre président virtuel, c’est Dominique Strauss-Kahn. Attendu comme le messie à gauche, il ne laisse pas indifférent la droite. Comme Jacques Delors en 1994, il entretient savamment un suspense qui alimente la chronique politique.
Sa chance ? Être porté par des circonstances exceptionnelles- une crise économique sans précédent en l’occurrence- qui le placent, à la tête du FMI, en toute première ligne. Loin des vicissitudes du microcosme franco-français, il a déjà endossé les habits d’un chef d’Etat. Alors, reviendra-t-il pour être un candidat parmi d’autres?
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avril 30th, 2010
Les régionales ont fait une victime à droite: l’écologie. Le renvoi de la taxe carbone aux calendes grecques est le signe d’une profonde désillusion. Les anciens ministres Claude Allègre et Luc Ferry le confirment sans détours cette semaine dans Le Figaro .
Ce que reproche Luc Ferry au Grenelle de l’environnement, « c’est d’avoir manqué une occasion unique de proposer une écologie de l’innovation et de la rationalité qui aille à la rencontre de l’idéologie de la décroissance et de l’autopunition ». Quant à Claude Allègre, il fustige l’idée selon laquelle la droite puisse convaincre les écologistes : « Jamais elle ne les séduira, parce que le socle de l’écologie idéologique est antilibéral ».
L’écolo-scepticisme à la mode ces temps-ci ne date pas d’aujourd’hui. En 1992, Luc Ferry lançait une première charge au titre évocateur : Le Nouvel Ordre écologique. L’arbre, l’animal et l’homme. Un excellent livre pour mieux comprendre les racines idéologiques et historiques de l’écologie.
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